Il convient maintenant de décrire les bâtiments du château-ferme de Falnuée. L'ensemble des bâtiments forme un quadrilatère en calcaire développé à partir du XVIIème siècle mais comportant de multiples remaniements datant du XVIIIème car la fin du XVIIème siècle constitua pour nos contrées une période de grande misère en raison du passage des troupes impliquées dans les guerres menées par Louis XIV. Nos contrées étaient particulièrement exposées en raison de la proximité de la chaussée romaine allant de Bavay à Tongres et formant une voie de pénétration idéale dans notre pays. Le plan général des bâtiments comporte un donjon, l'ancien logis seigneurial, flanqué de sa chapelle et d'une tourelle, et les dépendances agricoles.
La porte charretière permettant l'accès à la cour est surmontée d'un grand cintre.
A l'angle sud-ouest se trouve le donjon qui fut construit vers 1250. Élevé à un endroit stratégique au confluent de l'Orneau et de la Ligne, il n'était pas destiné à la résistance car il n'était pas englobé dans le dispositif d'un château. En cas de siège, seulement une quinzaine de personnes pouvaient y trouver refuge.
Il constituait donc une tour de guet en faveur du comte de Namur. L'appareillage extérieur du donjon a été fortement remanié au XIXe siècle.
Le donjon dispose de deux salles. La salle basse, servant sans doute de cellier, est voûtée d'arêtes et éclairée par trois archères. Ces meurtrières semblent peu élevées par rapport au niveau du sol. Cela permet de conjecturer que relui-ci a été légèrement exhaussé. La salle basse ne comportait ni porte ni fenêtre. Une trappe donnait accès à la belle salle.
La porte qui permet actuellement d'accéder à cette salle basse de même que l'escalier menant à la «belle salle» sont postérieurs à 1430 lorsque la mission de guet de la tour cessa.
La «belle salle» servait de salle de résidence. On y accédait probablement par un pont-levis. On ne trouve cependant plus de traces de l'appareillage de ce dernier. Une étroite fenêtre à banquette se trouve sur chaque face du donjon. Ces bancs de pierre dans l'embrasure de la fenêtre permettaient au guetteur ou à l'archer de prendre appui. Ces fenêtres exerçaient trois fonctions : lumière, aération et guet. Des niches aménagées dans les murs intérieurs constituaient des espèces d'armoires. On trouve encore dans cette «belle salle» un lavabo en mitre et une cheminée.